
Coulisses
Dix-huit mois pour une crème : le journal d’une formule
Quarante-trois essais, deux abandons complets et une productrice de karité qui a tranché le débat. Retour sur la mise au point de la Crème Riche Nutrition.
Le cahier des charges tenait en une phrase : le confort d'un baume, sans le film gras. Il a fallu dix-huit mois pour comprendre que le problème n'était pas la richesse, mais l'émulsion.
Les deux impasses
Les quinze premiers essais utilisaient un karité désodorisé, plus neutre. La texture était bonne, l'efficacité décevante : le procédé de désodorisation détruit une partie de la fraction insaponifiable, celle qui répare.
Nous sommes ensuite passés à un karité brut, avec le problème inverse : une odeur de fumé que la moitié du panel test rejetait.
“Sana Ouédraogo nous a dit : vous cherchez à masquer une odeur qui prouve que le produit est vivant. Travaillez plutôt la température de filtration.”
La sortie par le procédé
En filtrant à 52 °C au lieu de 70, l'odeur tombe sans perte d'insaponifiables. C'est cette version, la quarante-troisième, qui est aujourd'hui en pot.
Le surcoût de fabrication est d'environ onze pour cent. Il est intégré au prix de vente et nous n'avons pas cherché à le compenser ailleurs.
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